Michel Martinez : « Je suis passé de plus grand espoir à presque rien » [Interview #P1/2]

31 mars 2016
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Michel Martinez fait partie de la catégorie des baroudeurs du tennis de table français qui ont notamment connu plusieurs générations. Après avoir côtoyé celle des mousquetaires emmenée par Jean-Philippe Gatien, Patrick Chila and Co puis voir naître celle de Simon Gauzy et Emmanuel Lebesson jusqu’à assister aujourd’hui à son éclosion au plus haut niveau, Michel Martinez peut se targuer d’être un joueur d’expérience. Nous avons souhaité en savoir plus sur le personnage et l’homme surnommé Mitch dans le milieu pongiste Français. Qui se cache derrière ce grand joueur ? Quel a été son parcours ? Quel regard porte-t-il sur ses 26 ans de carrière ? Comment il perçoit le tennis de table et la nouvelle génération montante du haut de ses 36 ans ? Découvrez la première partie de notre entretien avec Michel Martinez, le pongiste expérimenté qui n’a pas dit son dernier mot :

Michel Martinez : « Je suis un joueur qui a besoin de partager ses émotions pour jouer son meilleur Ping »

Michel Martinez - Crédit photo : Gilles Durand

Michel Martinez – Crédit photo : Gilles Durand

Bonjour Michel. Pourrais-tu te présenter ?
Bonjour Dragan. Je m’appelle Michel Martinez, j’ai 36 ans et je suis Pongiste Professionnel depuis 20 ans. Je suis actuellement en concubinage depuis 10 ans et on a un petit garçon, Ethan, qui a 6 ans maintenant.

D’ailleurs, il faut t’appeler Michel Martinez ou Mitch Martinez ?
On m’appelle souvent Mitch.

Tu évolues dans le milieu depuis plus de 20 ans. Avant de devenir un joueur de haut niveau, quel a été ton parcours ?
Oui, 26 ans déjà et 20 ans en tant que Professionnel. J’ai fais du foot, du tennis et du Badminton avant.

Michel Martinez : « Je ne me suis jamais trop pris la tête »

Quels sont les entraîneurs et clubs qui t’ont marqué ?
J’ai commencé à Annecy sous les ordres de Mr Bergeret, père de Claude Bergeret, vice championne du monde de double avec Secrétin. Ensuite le club de Cruseilles m’a
beaucoup marqué car j’y suis resté 4 ans. Mes amis proches je les ai connu là. En Pro, je suis passé par Rouen, Metz, Cestas, Istres, Angers et Boulogne. Tous les clubs ont su m’apporter des choses. Les entraîneurs qui m’ont le plus marqué sont Mr Bergeret, Antoine Bernier, Pascal Canteux, Michel Blondel et Stephane Lebrun.

Michel Martinez - Crédit photo : Gilles Durand

Michel Martinez – Crédit photo : Gilles Durand

Comment te définis-tu comme pongiste ? Explosif ? Attentif ? Impulsif ? Possessif ?
Je suis un joueur qui a besoin de partager ses émotions pour jouer son meilleur Ping.

Tu as connu tes premiers grands succès à l’âge de 19 ans (Vice champion de France en double, Or en simple et Double aux Championnats Méditerranéens.) Comment on vit un tel succès si jeune ?
J’ai gagné deux fois le TOP 12 National à 19 et 20 ans. J’ai eu beaucoup de titres jeunes aussi. Les titres sont une chose mais un sportif se remet toujours en question. et après un titre, il ne faut pas s’arrêter. Je ne me suis jamais trop pris la tête.

Michel Martinez : « J’ai toujours aimé jouer en double et en par équipe »

Ta carrière a été faite de hauts et de bas avec notamment quelques passages à vide. Comment expliques-tu cela ?
Jusqu’à 20 ans, ma carrière a été presque parfaite. J’étais en équipe de France et j’ai participé au Monde et aux Europe en Séniors en 1999 et en 2000. Mais en 2000, un problème à la hanche m’a été diagnostiqué. Mon problème a duré presque 4 ans et une fin de carrière était préconisée. En 2004, je suis revenu mais les résultats étaient mauvais. Je suis passé de plus grand espoir à presque rien. A cette époque, l’entrainement à l’INSEP, personne était derrière moi et savoir que si on est impaire, on ira au service était une sensation pas très agréable. 

En fin d’année 2004, j’ai décidé avec l’accord de Michel Blondel de Partir de l’INSEP après 8 longues années. Cette période n’a pas été facile mais j’ai très vite mûri. Chaque semaine, il fallait que j’organise mon entraînement avec les joueurs parisiens. Je suis aussi parti 6 fois 10 jours à Charleroi pour m’entrainer avec les stars de l’équipe ; Saive, Smirnov, Samsonov, Primorac, Chila sous la houlette de Dubo et de Oleg Dacienko. Je me suis retapé progressivement. J’ai signé au club d’Istres et j’ai déménagé sur Montpellier. 9 mois plus tard, j’étais en revenu Top 5 Français, position que je n’ai plus quitté jusqu’en 2014. Je me gère seul depuis maintenant 11 ans avec l’aide bien sur de Stephane Lebrun, de Jeremy Surrault, mon préparateur Physique et d’autres qui m’aident ponctuellement. Durant ces 11 ans, 99% de mes entraînements ont été contre des joueurs bien moins fort que moi. J’ai appris l’humilité et le respect.

Michel Martinez - Crédit photo : Gilles Durand

Michel Martinez – Crédit photo : Gilles Durand

Tu as un palmarès impressionnant en double à l’inverse en simple (1 seule finale aux France 2006). Tu te sens plus fort en double ? Tu as besoin de l’autre pour te surpasser ?
C’est vrai qu’en double, j’ai toujours été performant. J’ai gagné en Minimes, Cadets, Juniors et Séniors. Le fait que j’ai plus gagné en double qu’en simple est tout simplement le fait qu’il est plus difficile de gagner en simple. Les opportunités sont plus rares. J’ai eu l’occasion de gagner deux fois je pense en simple. En 2006, sur Sebastien Jover, où j’étais largement au dessus pour finalement perdre et en 2010 à Nantes où je perds en demi sur Tristan Flore. Je me suis blessé 1 heure avant le match et je ne pouvais pas bouger. En finale j’avais une bonne chance contre Damien Eloi. 

J’ai toujours aimé jouer en double et en par équipe. J’aime partager ces émotions particulières. Elles sont décuplées et j’adore. En simple c’est différent. Je préfère maintenant les émotions partagées avec mes partenaires. J’aime transmettre aussi à mes partenaires le goût de la gagne, de ne rien lâcher, de rester positif dans les moments cruciaux, l’esprit d’équipe…

Ton meilleur partenaire de double est Christophe Legout. Tu comptabilises à ce jour 5 titres de champion de France avec lui. Comment s’est formé votre duo ?
J’ai toujours eu de très bon partenaire de double. J’ai toujours joué avec des gauchers. Le duo s’est formé naturellement quand on jouait tous les deux à Istres. On était tous les deux dans 4 premiers Français. On est très vite devenu ami. 

Michel Martinez : « Les mots fûrent important mais le regard encore plus !!! »

Est-ce qu’il est nécessaire d’être proche dans la vie avec son partenaire de double pour être bon ensemble après à la table ?
Chris a la même conception du double. On pense que c’est un réel avantage d’être proche. On tire dans le même sens et on est derrière son coéquipier « quoiqu’il arrive » surtout dans les mauvais moments. Dans les bons moments tout le monde sait faire… Avec Chris, on a gagné des matchs, beaucoup de matchs sans être les plus forts. Mais on avait (on a encore j’espère) une force mentale ensemble indescriptible et une confiance l’un envers l’autre supérieure aux autres.

Tu seras toujours accompagné de Chris le mois prochain à Brest ? Un 6ème titre en ligne de mire ?
Je serais toujours accompagné de Chris. Nous serons cette fois outsider. Cette position nous va bien aussi. On va essayer de gagner, c’est l’objectif.

Christophe Legout et Michel Martinez en or !!

Christophe Legout et Michel Martinez champions de France en double !!

Raconte-nous une anecdote que tu as vécu en double et que tu n’aurais jamais ou peu raconté ?
En 2014, en finale des doubles contre Brice Olivier et Romain Lorentz, nous étions menés 2 set à 1 et 4 à 1 avec aucune solution. On était dominé depuis 2 sets et demi. Steph Lebrun prend un temps mort. Chris et moi, après 15 secondes, nous nous sommes regardés et il s’est vraiment passé quelque chose d’unique. Me concernant, des sensations de frissons m’ont transpercé et on s’est dit « on l’a déjà fait et on va le refaire, restons soudés ». Les mots fûrent important mais le regard encore plus !!! A partir de ce moment, plus rien ne pouvez nous arriver, nous survolions la fin du match pour partager notre joie tous les trois avec le coach Steph. Cela démontre le potentiel de l’affect. Il est juste énorme. En revanche, cela a eu l’effet inverse les deux dernières années. Mon affect a été brisé et mes performances ont été moindre. Sans cela, il m’est difficile de me battre et de me transcender !!

Quel est ton plus beau titre en double ?
Tous ont eu une signification particulière. Le premier en 2007 a toujours eu une saveur particulière. Une équipe soudée était créée. Une année, il me semble que s’était en 2010 où j’ai joué blessé. De suite, avec Steph, on a donné la priorité au double car mes chances en simple étaient compromises. Après avec Chris, toutes nos dernières victoires ont été célébrées comme nos dernières. La nouvelle génération arrive et Chris n’est pas tout jeune… Il ne va pas aimer ça !!! Mais on est encore là alors que beaucoup nous voyait trop vieux. C’est un beau clin d’oeil à ces supporters là.

[Fin de la première partie]

Prochainement :

  • Michel Martinez, la nouvelle génération pongiste, l’équipe de France et l’ACBB

 

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