L’offensive médiatique manquée de la fédération [Partie 1 : Christian Palierne]

31 juillet 2016
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L’affaire #OUAICHE continue d’alimenter les débats et attiser les tensions. Après l’annonce de la non-sélection aux Jeux Olympiques du double champion de France en titre et la vague de contestation symbolisée par la pétition en ligne qui a réuni à ce jour plus de 2700 soutiens, la fédération n’avait pas souhaité apporter plus d’explications sur son choix. Elle a réagi hier soir en publiant sur son site officiel une interview du président Christian Palierne puis aujourd’hui avec celle de son Directeur Technique National. Une double offensive qui aurait pu apaiser les tensions si elle n’avait pas été truffée d’erreurs sous couvert de désinformation. Nous vous proposons un décryptage complet des réactions de Christian Palierne et Pascal Berrest. Une autre manière de comprendre et analyser les évènements actuels. [L’offensive médiatique manquée de la fédération – Partie 1 : Christian Palierne]

Christian Palierne au sujet de la gouvernance

Christian Palierne FFTT

Christian Palierne, président de la fédération française de tennis de table – Crédit photo : FFTT

Christian Palierne a raison sur un point. Le fonctionnement et l’organisation de la fédération sont trop lents et peu réactifs. Il datent d’ailleurs des années 80. Si la réforme du mode de gouvernance semble être une bonne idée à la base, il n’en reste pas moins qu’elle ressemble a une vaine tentative de récréer un environnement ouvert sur l’extérieur mais en réalité bien verrouillé de l’intérieur.  Le comité directeur de la fédération va être constitué de 39 personnes dont 13 présidents de ligues qui seront membres de droit. Deux autres issus de l’outre-mer viendront d’ailleurs compléter la liste. Les 24 restants seront des élus. Derrière cette annonce sa cache en réalité une savante manoeuvre pour asseoir son pouvoir de décision. En effet, au delà de l’ouverture qui pourrait s’avérer payante, les véritables questions d’avenir seront décidés par un bureau exécutif composés de 15 élus que la fédération nommera. En complément, un groupe nommé de « coordination » et réduit à 4 personnes avec le président de la Fédération, de son vice-président délégué, du secrétaire général et du trésorier pourra légiférer rapidement sur des sujets brûlants ou urgent.

Christian Palierne, président de la fédération française de tennis de table - Crédit : FFTT - Julien Crosnier

Christian Palierne, président de la fédération française de tennis de table – Crédit : FFTT – Julien Crosnier

Si les coûts d’organisation et de logistique devraient s’envoler, le pouvoir décisionnel sera quant à lui toujours centralisé auprès de quelques personnes. Des profils qui épouseront et appliqueront bien évidemment la politique fédérale. Entendez par là que le champ d’action de décision des présidents de ligues et des élus sera amoindrie quelle que soit la tournure des évènements. Si Christian Palierne a préféré s’inspirer du mode de fonctionnement de deux fédérations qui n’ont rien à voir avec le tennis de table à savoir le Judo et le cyclisme, il aurait été plus judicieux de se rapprocher des méthodes d’une discipline concurrente mais finalement pas si lointaine du tennis de table, le badminton. Il y a 16 ans, la discipline comptabilisait 70000 licenciés pour deux fois plus 10 ans plus tard (145000). En 2012, elle poursuivait sa progression avec près de 24000 licenciés supplémentaires (163 956) avant d’atteindre à ce jour la barre symbolique des 180000. Un exemple concret de réussite sportive et de politique visionnaire dont la fédération ferait bien de s’inspirer au détriment des disciplines du judo et du cyclisme qui pêchent quant à elles a trouver un nouveau souffle, à l’image du tennis de table. 

La confiance n’est pas rétablie et n’en prend pas le chemin

Christian Palierne peut se targuer d’avoir validé la réforme de gouvernance par un vote à l’unanimité. Toutefois ses propos enthousiastes concernant la confiance rétablie avec ses décentralisées sont très loin de la réalité. Plusieurs personnes présentes à l’assemblée générale nous ont révélé que l’ambiance était à l’inverse très tendue. Lors de la session des questions ouvertes, le conflit autour de l’affaire #OUAICHE a mis mal à l’aise le comité directeur qui a évacué le sujet par une pirouette de Pascal Berrest. L’actualité récente démontre également combien la situation même au sein des ligues et comités est loin d’être aussi idyllique que le président le confère. Voyez derrière ces propos plus simplement de la désinformation voire tout simplement de la propagande envers les électeurs qui voteront aux prochaines élections. Une élection à laquelle le président Palierne s’est aussitôt déclarée. Simple coïncidence ? Plutôt une manoeuvre politique politicienne…

FFTT

FFTT

Oui, les pouvoirs politiques interfèrent sur les choix sportifs

Christian Palierne a tenu a précisé un élément important dans son interview. En aucun cas, les pouvoirs politiques dont le sien n’interfèrent sur les choix sportifs. C’est même d’ailleurs une priorité depuis la prise de son mandat en 2012. Si l’engagement paraissait louable, il n’en demeure pas pour autant loin de la réalité. Comment peut-on imaginer qu’un président ne soit pas impliqué directement ou indirectement dans la composition d’une sélection et d’autant plus sur celle des Jeux Olympiques. Une question validée par le document lui même. Dans le chapitre IV, PRINCIPES DE SÉLECTION DE LA FFTT, il est bien précisé que le Directeur Technique National proposera au Président de la FFTT pour validation, les sélections nominatives des pongistes constituants les diverses sélections internationales. 

Est-ce que Christian Palierne a pris conscience de ce document ? Dans tous les cas, ses propos s’en trouvent largement contredits. De là à parler de déclarations mensongères, il n’y a qu’un pas. Malgré ce qu’il peut penser ou affirmer, les pouvoirs politiques interfèrent bien sur les choix sportifs !

Des critères de sélection à variables différentes

Si la sélection de Simon Gauzy, Emmanuel Lebesson et Li Xue ne souffre d’aucune contestation d’un point de sportif, celle de Tristan Flore et Benjamin Brossier reste largement critiquable. Christian Palierne qui ne s’était encore jamais exprimé publiquement sur le sujet jusqu’à encore hier a apporté des informations complémentaires sur les critères de sélection. Pour appuyer ses propos, il s’est basé sur le circulaire de sélection publié le 5 décembre 2015 où il devait y être mentionné un passage autour du titre de champion de France. Ce même titre qui selon lui ne constitue pas un critère de sélection pour les Jeux, tant pour l’épreuve individuelle (critères ITTF) que pour l’épreuve par équipes.

Stephane Ouaiche

Stephane Ouaiche avec le maillot tricolore – Crédit photo : FFTT

Si l’argument pourrait être valable, il n’en reste pas pour autant flou. Nous avons consulté et relu à maintes reprises l’ensemble du document et à aucun moment il est mentionné un tel critère. Comment peut-on s’appuyer sur un texte officiel qui n’est mentionné nulle part. On pourrait toutefois lire la chose autrement, si l’article n’est pas présent dans le document, cela valide automatiquement la décision de la fédération. Mais c’est dans ce cas valable dans les deux sens. 

Pour compléter son oeuvre médiatique, Christian Palierne justifie la sélection de Tristan Flore par sa jeunesse et sa complémentarité dans la compétition par équipes, notamment en double. Concernant Benjamin Brossier, le président estime qu’il aura à tenir un rôle très difficile de réserviste. Si les propos du président sont discutables à raison, ils n’en demeurent pas pour autant un critère de sélection fiable. Depuis quand la jeunesse et la complémentarité sont des critères de sélection ? La circulaire ne le mentionne en tout cas à aucun moment.

Tristan Flore

La sélection française pour les Jeux Olympiques

La désinformation attise les tensions

Si l’intervention médiatique de Christian Palierne s’apparentait à une mise au point de l’affaire #OUAICHE, elle était en réalité un premier message de propagande envoyé en tant que candidat déclaré. Derrière un discours rôdé, planifié et écrit sur mesure, le président a souhaité donner l’impression de survoler les débats. Effet manqué, c’est tout l’inverse qui s’est produit ! Les erreurs teintées de propos mensongers couverts d’une désinformation à peine dissimulée donnent surtout l’impression d’une fragilité exhibée. A vouloir allez trop vite dans ses déclarations en pensant maîtriser tous les aspects de son poste,  le président Christian Palierne vient tout simplement d’afficher les limites d’un système au bord de l’épuisement et irrité par le contexte actuel. A en croire les commentaires négatifs sur la page facebook officielle de la fédération, les pongistes ne croient plus aux belles paroles de leur président. Et ce ne sont pas les seuls… 

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