Deux poids, deux mesures avec l’instance nationale de discipline

8 avril 2017
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Nous en parlions hier sur le média, Olivier MAERO s’est vu infliger une lourde sanction avec la suspension de sa licence de Tennis de Table jusqu’au 30 juin 2019 ! Cette sanction est toutefois assortie d’un sursis sous conditions. Nous avions d’ailleurs soulevé des incompréhensions à propos de celles-ci. Nous avons souhaité prolonger notre réflexion un peu plus loin. Est-ce que la sanction infligée à Olivier MAERO a déjà eu un précédent dans l’histoire du tennis de table ? Quel est le bilan des décisions de l’instance nationale de discipline ? Comment juge-t-elle les situations ?

Les décisions de l’IND depuis 7 ans

Deux poids, deux mesures pour la sanction infligée à Olivier MAERO

Deux poids, deux mesures pour la sanction infligée à Olivier MAERO

Nous avons effectué un long travail de recherche en répertoriant toutes les décisions disciplinaires du 27 juin 2008 au 22 avril 2015. Celles de 2015 à 2017 ne sont pas (encore) publiées sur le site officiel de la fédération. Sept années de retranscription de compte rendu de réunion d’instance nationale de discipline. Plus de 60 dossiers ont été recensés. Nous allons évidemment pas tous les communiquer dans cet article mais aborderons le sujet sous forme de synthèse globale tout en comparant les décisions anciennement appliquées à celle infligée au coach Olivier MAERO. Si vous souhaitez aller plus loin dans l’analyse, nous vous mettons à disposition le fichier complet afin de le consulter.  

L’instance nationale de discipline, c’est quoi ?

Nicole COURY (présidente de l'instance nationale de discipline) et Christian PALIERNE (Président de la fédération française de Tennis de Table) | www.liguecentrett.com

Nicole COURY (présidente de l’instance nationale de discipline) et Christian PALIERNE (Président de la fédération française de Tennis de Table) | www.liguecentrett.com

Avant de présenter quelques exemples de décisions, rappelons les différents organes disciplinaires nationaux de la fédération. Il en existe deux. L’instance nationale de discipline (1er niveau) et l’instance supérieure de discipline (2ème niveau) qui agit comme un organe disciplinaire d’appel. Dans l’affaire « MAERO« , la fédération a fait appel à l’instance nationale de discipline. Dans le cas où le bénévole souhaiterait faire appel, il devra donc saisir l’instance supérieure de discipline.

Le domaine d’intervention de l’IND est vaste. Elle est compétente pour les affaires suivantes :

  • incidents survenus au cours d’une manifestation nationale ou internationale ; ­
  • fautes de gestion, indélicatesses, problèmes de discipline concernant des dirigeants, cadres techniques, arbitres des comités, ligues et fédération. ­
  • violations aux dispositions du Titre VI des règlements administratifs relatifs aux paris sportifs

Concernant le domaine de compétence de l’instance supérieure de discipline nous vous invitons à consulter les règlements généraux de la fédération française de tennis de table.

État des lieux de l’instance nationale de discipline

Si il parait difficile de juger une situation par rapport à une autre, nous pouvons toutefois tirer des conclusions sur les décisions. L’instance nationale de discipline a jugé les propos de Olivier MAERO injurieux et mettant gravement en cause l’institution fédérale. Elle a également jugé les propos du coach menaçant envers un membre du comité directeur. Nous nous baserons donc sur ces deux aspects (injure + menace) pour comparer les décisions. 

Les statistiques des sanctions l’IND

Sur plus de 60 dossiers traités du 27 juin 2008 au 22 avril 2015 recensés sur le site officiel de la fédération, 54% d’entres eux se sont résolus soit par des avertissements ou une suspension d’une ou deux journées. Les sursis de 6 mois ont totalisé plus de 8% du volume global tandis que les suspensions de 6 et 12 mois ont comptabilisé 13,4%. Le reste est éparpillé entre les suspensions de plus longue durée, lettres d’excuses, radiation et même annulation de décision.

Graphique des sanctions de l'IND de 2008 à 2015

Graphique des sanctions de l’IND de 2008 à 2015

Les statistiques des infractions

Quand est-il au niveau des effractions commises ? Plus de 34% d’entre elles correspondent à des cartons jaunes & rouges reçus lors d’une compétition (attitude déplacée etc..). S’en suit des comportements inadapté que ça soit d’un point de vue physique, moral ou dans l’exercice d’une responsabilité (malversation etc..) qui cumulent 22% des effractions. Les insultes et menaces verbales atteignent près de 16% des faits quand les agressions physiques trônent à près de 10%. Les dégradations de matériel et jet de raquette clôturent les statistiques d’effraction avec 18,3% dont 11% rien que pour le premier. 

Graphique des infractions gérées par l'IND de 2008 à 2015

Graphique des infractions gérées par l’IND de 2008 à 2015

Exemples de sanctions de l’IND dans le contexte « MAEROGate »

Connaissant désormais la moyenne globale des sanctions pour menaces ou injures qui entrent dans la catégorie « agression verbale », nous constatons qu’elles sont en retrait par rapport aux comportements inadaptés ou plus majoritairement les cartons jaunes & rouges infligés. Mais désormais comparons les raisons de la sanction de Olivier MAERO avec d’autres du même acabit.

Le compte rendu du 6 avril 2010 évoque des insultes et des menaces du pongiste Mathieu CARPENA vers l’arbitre. Pour cette agression, l’IND a infligé 3 mois de suspension assortis de 6 mois de sursis. Prenons également le cas de David HAÏK qui avait écopé en septembre 2010 d’un avertissement pour les mêmes agissements. David HAÏK s’était même permis le luxe de détériorer le matériel.. Autre exemple et toujours dans les mêmes proportions, Fabien ROLLAND avait écopé d’une suspension d’un tour de critérium fédéral. Pour couronner son oeuvre, le pongiste d’Aix les Milles TT avait frappé son adversaire. Continuons notre recherche parmi les plus de 60 dossiers traités par l’instance nationale de discipline. En mai 2011Benoit GASNIER s’était vu infliger un carton rouge pour avoir insulté le juge-arbitre. Le joueur de Chartres ASTT avait écopé d’une journée de suspension. Un autre exemple deux ans plus tard, lors d’une journée classique de Nationale 3 messieurs opposant Ploemeur AL à Courbevoie Sport TT, Michael DAHBI avait insulté et menacé Xavier DERRIEN (Ploemeur AL) ainsi que l’ensemble des joueurs de l’équipe adverse. Michael DHABI a été condamné par l’instance nationale de discipline à 3 journées de suspension assorties d’un sursis d’une journée sous réserve de la présentation d’une lettre d’excuses adressé à la FFTT à l’attention de l’association Ploemeur AL.

Deux poids, deux mesures pour la sanction infligée à Olivier MAERO

Deux poids, deux mesures pour la sanction infligée à Olivier MAERO

Une sanction disproportionnée pour Olivier MAERO ?

Nous pourrions dévoiler d’autres exemples similaires pour étayer notre présentation mais il parait évident que la décision de l’instance nationale de discipline semble disproportionnée par rapport aux faits reprochés à Olivier MAERO. Jamais dans l’histoire de cette instance, elle n’a pénalisé un joueur de la sorte. Même plus, aucun joueur, entraineur ou bénévole a été condamné à un sursis supérieur à 6 mois dans le contexte d’une insulte ou menace potentielle. Rappelons que Olivier MAERO a été condamné à deux années de suspension qui sauf retournement de situation devraient se transformer en deux années de sursis. A titre de comparaison de sanction, Hervé Reiland avait agressé physiquement son adversaire en le jetant à terre et en le rouant de coups de pied. Le SAMU avait été appelé lors de cet incident. Le joueur avait écopé de 6 mois de suspension ferme de critérium fédéral plus 6 mois de sursis. L’IND l’avait aussi sanctionné d’une année de suspension de tournois. Comment la sanction de Olivier MAERO peut-être aussi voire plus sévère que celle infligée à Hervé Reiland ? Est-ce que les propos verbaux de Olivier MAERO sont plus condamnable qu’une agression physique entrainant l’appel du SAMU ?

Deux poids, deux mesures pour la sanction infligée à Olivier MAERO

Deux poids, deux mesures pour la sanction infligée à Olivier MAERO

L’indépendance et la partialité de l’IND au coeur du débat ?

Au rayon des incohérences, nous évoquerons d’autres sanctions surprenantes comme celle de Sofiane Boudjadja qui avait écopé de un an de suspension après avoir frappé et blessé son adversaire. Il n’avait par contre pas reçu d’interdiction de jouer dans le championnat par équipes.. Prenons un autre cas surprenant avec un joueur déjà cité ci-dessus. En 2012, David HAÏK désormais sociétaire du Antony SP TT s’était énervé en fin de partie contre ZHANG Tian Gang du Angoulême TT et avait écopé d’un carton rouge. Pour son oeuvre, David HAÏK s’était vu infliger par l’IND, cinq années de suspension de tournois de toute nature. Une sanction toutefois ramenée à 3 ans fermes si le joueur remboursait les détériorations causées aux matériels. Comment sont décidées les sanctions hors barème sportif ? Sur quels critères se base l’instance nationale de discipline ? Il n’existe pas à ce jour de cas similaire à l’affaire « MAERO » mais est-ce une raison suffisante pour lui infliger une sanction aussi sévère ? Est-ce que l’IND est-elle totalement indépendante et objective dans ses prises de décisions ? Est-ce que l’IND a souhaité faire un exemple avec l’affaire « MAERO » ? Une chose est certaine, il y a deux poids, deux mesures dans les sanctions prononcées et en particulier concernant celle Olivier MAERO…


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